Lecture

Lecture #1 – Entre passion et pression

Sujet sensible que peut être ma relation à la lecture, j’ai décidé de vous en parler un peu. Déjà, pour moi. Je me rends compte que partager certaines choses ici peut se révéler apaisant et me permettre parfois de trouver une solution. Deuxième, pour vous, si vous jamais vous vous retrouvez dans une situation délicate par rapport à la lecture – au point de vous demander si tous ces livres qui s’entassent dans cette bibliothèque ont perdu de leur saveur, et si vous ne feriez pas mieux de vous débarrasser de tout cela. 

lecture : passion et pression

Historique de mon rapport à la lecture 

Pour commencer cet article, il faut comprendre un peu d’où me vient mon amour pour les livres. J’ai commencé la lecture lorsque j’étais en 4è, au même moment où je commençais à écrire. Ce sont donc deux choses qui se sont suivies et qui ne se sont pas lâchées. Ces passions me sont venues ensemble et encore aujourd’hui, elles cohabitent très étroitement. Personne, dans ma famille proche, ne lisait. Ma famille n’a vraiment aucun rapport à la lecture, donc, vraiment, tout cela me vient de l’école et ç’a été une révélation presque instantanée à partir du moment où j’ai commencé Dès lors, mes cadeaux de Noël et d’anniversaire sont devenus pour la plupart : des livres. 

J’étais un garçon… qui se posait beaucoup de questions, et la lecture a permis de répondre à certaines d’entre elles. Je n’entrerai pas dans les détails de ma vie privée, mais les libraires et bibliothèque ont été un échappatoire assez important pour moi et pendant de longues années, la lecture a été un plaisir incroyable. Rien d’autre que du plaisir, jamais de pression, parce que je lisais pour m’échapper, aussi cliché que cela sonne. Lire, c’était génial et intense. 

Le lycée et la pression de la lecture (et de la vie en général) 

Arrivé au lycée, mon rapport à la lecture a assez radicalement changé. Forcément, la vie d’un ado se trouve légèrement chamboulé, à son passage au lycée. En ce qui concernait les livres, j’avais désormais une petite pile à lire dont j’étais content, j’étais allé à un petit salon du livre de ma ville et rencontré pour la première fois une autrice qui deviendrait rapidement mon autrice préférée. Tout allait plutôt bien. Puis… il a fallu lire beaucoup de livres, beaucoup de classiques et je me suis vite aperçu que l’obligation de lire me déplaisait complètement. Surtout des livres qui ne me faisaient pas envie. Je les lisais donc avec regret, sans vraiment leur prêter attention parce qu’ils ne m’apportaient pas vraiment ce que je recherchais quand j’ouvrais un livre. C’est vraiment à partir de la seconde que ça a commencé à se modifier. 

Au-delà de ça, je ne trouvais aussi aucun livre qui répondait à une question qui commençait à sérieusement me poser problème et ternissait un peu mon humeur. Bien que ce fut une question qui me taraudait depuis quelques années et que je travaillais sans relâche à me la poser seul et sans personne, je ne trouvais rien dans les livres qui puissent m’aider dans ma recherche de moi-même. On a beau dire, il y a encore quelques années, les personnages LGBTQIA+ (et autres minorités de façon générale) ne couraient pas les rues. Il y a tant de livres que j’ai lu, maintenant, que j’aurai adoré découvrir quand j’étais plus jeune parce que le lycée m’a, franchement, terrifié sur ce point. 

Comment j’ai relativisé mon rapport à la lecture – et perdu le goût de lire pendant des mois (presque des années) 

A force de grandir et de prendre en maturité, j’ai fini par tenter de relativiser un peu tout ce rapport à la lecture. J’adorais toujours lire, mais c’était vraiment terrible de ne pas me retrouver dans ce que je lisais et d’avoir en plus moins le temps de lire ce qui me faisait vraiment envie. J’essayais de toujours lire plus, je m’inscrivais à mille challenge de lecture, et je me mettais une pression de dingue pour lire toujours plus. Je suivais aussi énormément de booktubers en tentant de comprendre comment ils faisaient pour lire autant sur un seul mois quand moi je ne parvenais pas à terminer plus de quatre livres. Ce qui n’a jamais fonctionné, bien sûr. Je n’ai jamais lu énormément, malgré cette pression que je me mettais. Je lisais régulièrement cela dit, et ç’aurait dû me suffire sur l’instant, mais ça n’était jamais le cas. 

J’ai fini par comprendre, un beau jour, que les classiques n’étaient pas des livres complètement à part et que certains pouvaient vraiment me toucher. Différemment, certes, mais quand même. J’ai passé d’excellents moments de lecture et quand j’ai compris cela, ça m’a légèrement aidé. Je ne partais plus dans chaque lecture avec l’idée préconçue que ça ne m’irait pas et que je détesterai et ça enlevait déjà un certain poids. 

Mais il y avait bien d’autres problèmes : le manque de représentation et le manque d’argent. Encore aujourd’hui, je suis quasiment certain qu’une grande partie des livres de ma PaL ne seront jamais lus parce que je ne les achetais pas par plaisir – mais parce que je pensais qu’il fallait lire ce que tout le monde lisait. J’ai aussi un certain nombre de romans dans des genres qui ne me font guère envie mais j’avais l’impression qu’il fallait absolument lire certains auteurs, essayer certains genres. J’ai acheté des romans qui m’ont fait envie à un moment donné, mais il y en avait (et il y en a encore) tellement d’autres qui me font bien plus envie ! 

Donc, j’ai arrêté de lire. Pas uniquement à cause de ça – il s’est passé mille et une choses dans ma vie personnelle aussi qui ont joué un rôle dans cet arrêt. Pas entièrement, bien sûr. Il y avait quand même des lectures de cours (université de Lettres oblige), mais je ne lisais plus aucun roman de façon personnelle. Je devais lire moins d’un livre par mois. Je pense qu’on peut dire qu’à ce stade j’étais complètement dégoûté de la lecture et ç’a été très compliqué. J’avais envie de lire mais je n’y parvenais pas. Rien ne me faisait envie, j’avais l’impression de ne plus avoir le temps, ni la motivation. Ca a duré très longtemps. J’ai lu un livre ou deux sur toute une année. Et je m’en voulais, parce que j’avais envie de lire mais les livres que je commençais, j’avais beaucoup de mal à les terminer. 

Il a fallu que je prenne beaucoup de recul, avant de pouvoir recommencer à lire sereinement. Je me suis posé énormément de questions et j’ai commencé à revoir mes priorités. Lire pour le plaisir et rien d’autre. Alors, j’ai acheté un livre qui me tentait bien, puis un autre. J’ai ressorti les livres de ma PaL qui m’appelaient vraiment et je me suis désabonné d’un grand nombre de chaînes youtube et comptes instagram. Et ça fait un bien fou. 

J’ai, ceci dit, quand même perdu le goût de la lecture. J’adore toujours, bien sûr mais ce n’est plus pareil, entre ma recherche constante de diversité qui n’est pas facile, et la difficulté pour moi de m’attacher à des personnages avec la même facilité qu’avant. Ce n’est pas simple, mais je suis réellement heureux d’avoir retrouvé le chemin de la lecture. Je lis toujours moins qu’avant, pas très rapidement, mais je tente au mieux de ne pas me mettre la pression. Je lis pour moi avant tout. Je ne suis pas obligé d’en parler sur les réseaux sociaux, je ne suis pas obligé d’aimer et je ne suis pas obligé de terminer un roman qui ne me plaît pas. Bien au contraire.

La lecture doit rester un plaisir avant tout.


Aujourd’hui, je présente quelques unes de mes lectures sur le blog. Les choses changent ! 

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